Marguerite Morin, nouvelle Ambassadrice de la rivière du Nord de l’année 2016.

marguerite_pLors du concours de poésie la rivière du Nord m’inspire parrainé par la Coalition eau secours, le Parc régional de la rivière du Nord,  la Fondation de l’eau de la rivière du Nord  et l’organisme RAPPEL. Marguerite Morin de Prévost a remporté le prix ultime et mérite le titre d’Ambassadrice de la rivière du Nord pour l’année 2016. Le concours se tenait dans le cadre des journées de la Culture tenu à Saint-Jérôme le 30 septembre au Parc régional de la rivière du Nord. Voici le poème:

                  La rivière du nord
  Ta présence rassurante martèle le temps sur l’enclume du renouveau. Tu es toujours là depuis des siècles et tu n’es jamais pareille. Tes eaux sombres coulent, en enfonçant ton lit dans l’argile de ma vallée. Tes berges abruptes sujettes aux glissements de terrain, sont souvent inhospitalières. Parfois elles se font douces comme devant chez-moi, pour mieux nous accueillir.
         Mes parents m’ont appris à te craindre, à te respecter et à t’aimer d’un amour que la connaissance fait grandir.
         Tu prends ta source dans le lac Brulé, là-haut tu n’es qu’un ruisseau. Sur ton parcours tu avales goulument tes affluents et t’en nourris. Quand tu traverses mon village, je connais ton chemin par cœur. Au bout de ta route, grosse de toute l’eau que tu portes, tu vas te jeter dans la grande rivière des Outaouais.
           Tu es magique, tu coules de toute ta largeur sans répit, sans cesse. Tu es mythique, mère de légendes. Tu es aussi tragique, gardant pour toi de grands secrets, dont ceux de mon amie qui est disparue sous ta glace.
         Dans les montagnes, les arbres te bordent avec amour et protègent tes flancs escarpés. Si tu cours dans la vallée, te voilà devenue succession de méandres, de petits lacs et de marais. Depuis longtemps, du temps où tu étais la route, des villages se sont installés sur tes rives. Aux chûtes Wilson, sur le cite de l’ancien moulin à bois, tu te laisses glisser sur les galets et tu tombes du haut des rochers. En bas c’est la ville, que tu traverses au bonheur des citadins. Tu vas ensuite t’étendre dans la plaine, où je te perds de vue.
          Chemin, porteuse d’eau et de rêves, mère nourricière, créatrice de beauté. Tu chantes et danses, tu frémis, tu brilles et tu roucoules. Tu as sculpté un havre de paix dans la pierre grise, en songe j’y ai vu les canots de mes ancêtres amarrés au gros bouleau.
          T’é tellement belle, quand lisse comme un miroir, tu nous renvois à l’envers l’image du paysage. Tu ne sais que parler de calme, de beauté, de fluidité. Au printemps c’est ta force et ta fureur qui l’emportent, tu broies des blocs de glace qui s’empilent en grinçant et forment des embâcles.
         Aimante, tu es un refuge pour les animaux. Si je descends le fil de l’eau, je surprendrai un castor qui gruge une branche. Je découvrirai le rat-musqué qui tente de se faire oublier, la tête à peine sortie de l’eau. Quand le froid revient, ce sont des outardes en voyage qui se reposent dans une baie calme, et l’hiver, les chevreuils aux aguets suivent leur sentier tracé au milieu de ta surface gelée.
          Je t’aime tant, je rêve de me jeter dans ton eau froide, de sentir ta caresse sur ma peau, de te ramasser dans mes mains jointes, pour te boire comme le faisaient les anciens.
         Comme une artère tu transportes le sang de la terre, l’eau, nibi  et la vie.   
          Marguerite Morin

 

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